2014 - Actualités septembre

Chers amoureux des chevaux,

Comme je l’ai écrit en 2009, j’aimerais faire quelque chose d’utile pour les chevaux qui nous font tant de bien - vous trouverez de nombreux témoignages sur ce que pensent nos clients faisant du développement personnel guidé par le cheval sur notre site www.visionpure.fr. Il est grand temps d’agir ! 

Sevrer en douceur un poulain, une affaire d’état ? 

Voici une petite anecdote :

Peu après mon désir de concevoir un projet contre un sevrage brutal des poulains, j’ai rêvé que j’étais Présidente de la France ! Moi, Présidente de la République française! - non non, ça ne s’invente pas-.

Etant ni intéressée par la politique, ni de nationalité française et en plus de nature paresseuse c’était clair : je ne voulais plus de ce poste. J’essayais alors de rencontrer Sarkozy (lui avait toujours voulu  l'être) pour lui parler d’un accord: lui proposer d'accéder a ce poste à une condition : Qu’il créée immédiatement une loi qui interdit le sevrage brutal des poulains en France! Malheureusement, à son insu, son cabinet avait donné l'ordre de m’assassiner! ... et je me suis réveillée sans que cette rencontre n'ait pu avoir lieu. Dieu Merci, j’ai survécu !

J’ai alors décidé de faire ma propre expérience et ensuite pouvoir partager ma découverte.

Aujourd’hui, tous nos poulains adorent se balader - seuls ou accompagnés -. Ils montent sans difficultés et sans aide dans la remorque, adorent passer un moment dans le jardin sans réclamer leur copains (même le yearling). Ils se laissent attacher sans problème et attendent tranquillement, ils donnent les pieds à notre demande et attendent sans rechigner leur tour de nourriture. Puis, selon leurs âges ils sont montés, longés, ou font un autre travail à pied.

Résultat, ils se sentent en sécurité et épanouis dans cette relation de couple: humain - cheval.

Alors, un sevrage en douceur, comment l'envisager et quel en est le bénéfice ?

Elysabeth Couval, qui fait du shiatsu  équin, m'a confié après avoir abordé ce projet avec elle : "C'est un sujet qui me tient à cœur, car je vois dans ma pratique du shiatsu beaucoup de chevaux traumatisés par le sevrage; certains restent en "arrêt sur image" et n'entrent pas dans leur vie après cela. Et lorsque les propriétaires me demandent comment il faudrait sevrer les poulains en minimisant les dommages, je ne sais pas que répondre. Donc, j'ai hâte de lire tout cela et suis très contente qu'Eva se soit penchée sur cette problématique si importante."

Je me sens alors encouragée dans ma décision! Ce projet est nécessaire.

Loin d’être une experte j’ai fait les constats suivants, pratiquement prouvés mais sans prétention scientifique :

Situation A : La jument vit dans un troupeau (juments et hongres, ou UN étalon)  et elle est à nouveau saillie :

  • Les adultes se partagent la garde du petit, la jument sert à fournir le lait mais semble plus intéressée à la nourriture qu’à sa progéniture, progressivement elle le laisse chaperonner par un autre membre de la harde.
  • Le poulain passe beaucoup de temps avec sa fratrie, les poulains sont enjoués et sautent un peu sur tout ce qu’ils peuvent (il faut s’entrainer tôt), les pouliches sont plus posées.
  • Les adultes se laissent faire par le petit alors que celui-ci a seulement quelques semaines mais commencent à poser des limites de plus en plus fermes pendant sa croissance. Le poulain est sevré (du lait maternel) par la jument quand elle est prête, et autour du 7ème mois de sa nouvelle grossesse.
  • Il reste dans le troupeau, dans le groupe familial, jusqu’à environ 18 mois. La jument gère la sécurité du nouveau né
  • Après 18 mois le poulain cherche à s’éloigner du troupeau et s’intégrer au sein d’une nouvelle harde; il est littéralement repoussé par la jument et l’étalon, sans doute pour éviter une co-sanguinité.

Situation B : La jument vit dans un troupeau (juments et hongres) et elle n’est pas saillie :

  • En dehors du sevrage du lait (qui ne se fera pas par la jument) le déroulement est le même comme pour la situation A.
  • Nous avons séparé le poulain de sa mère à 16 mois, quand il cherchait par lui-même à rejoindre un autre groupe. Nous nous sommes assurés que tout le monde pouvait se voir, et le sevrage s’est passé sans problème.
  • Après une séparation de 3 semaines nous avons remis le poulain avec la jument dans l’ancien troupeau et la jument ne voulait plus se laisser téter. 
  • Les constats particuliers lors du sevrage du lait :
  • Lors d’une période de froid exceptionnel la jument revient sur sa décision de sevrer son poulain et le laisse téter à nouveau, jusqu’à l’arrivée de meilleurs jours.
  • Le poulain, en manque, cherche à trouver un substitut pour téter – dans notre cas, il trouvait l’étalon qui se laissait faire.
  • Le jeune étalon essaie de saillir sa maman – il est alors important de le stériliser ou le séparer avant l’âge de reproduction (autour de 20 mois), ou saillir la/les juments avant, avec un autre étalon.
  • L’étalon reproducteur, quand il vit avec ses jeunes pouliches, n’est pas excité par leurs chaleurs. J’ai quand-même préféré retirer celles-ci à l’âge de 20 à 24 mois, bien après leur premières chaleurs (faut pas tenter le destin).

A bientôt pour des détails sur le sevrage de chacun de nos poulains, le maniement (le licol, les soins, les pieds, l’attache, la remorque) et leur développement parmi les humains.

Merci pour l'intérêt que vous portez à ce sujet. Je tenais à partager ce résumé avec vous.

Bien à vous – et au plaisir de recevoir vos questions, vos critiques, vos suggestions et vos expériences. 

De tout cœur,

Eva et tous les chevaux !